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La transformation d’un besoin émergeant en la définition d’un système lui apportant une solution met en oeuvre de multiples activités intellectuelles faisant passer progressivement de concepts abstraits à la définition rigoureuse de produits. Il est nécessaire de s’appuyer sur des représentations tant du problème que de ses solutions possibles à différents niveaux d’abstraction pour appréhender, conceptualiser, concevoir, estimer, simuler, prouver formellement, valider, justifier des choix, communiquer. C’est le rôle de la modélisation.
 
Les métiers mis en œuvre en IS ont, de tous temps, utilisé des modèles allant de représentations des plus concrètes, tels que les plans ou modèles réduits, aux plus abstraites, telles que les systèmes d’équations.
 
La complexification des problèmes et des produits a conduit à des démarches de modélisation systémique. Dans une première approche, dite réductionniste, la représentation du système a d’abord été essentiellement fonctionnelle : on représentait le système sous forme d’une architecture de fonctions s'échangeant des flux qui se concrétisait par une architecture d’organes réalisant les fonctions. Confrontés aux problèmes de régulation et de pilotage, les cybernéticiens et automaticiens ont introduit des modèles de comportement intégrant les aspects continus et événementiels (et représentant l'enchaînement des fonctions). Confrontés à l’abstraction du logiciel, les informaticiens ont ajouté les modèles sémantiques (modèles de données) structurant le monde du problème à informatiser.
 
Du fait du poids croissant de la part informationnelle des systèmes et de la complexité inhérente à l’aspect purement abstrait des logiciels qui « l’implémentent », ce type de modélisation systémique (fonctions, comportement, sémantique) s’est plus particulièrement développé sous l’influence des informaticiens. Leur évolution vers les approches dites « orientées objet » les a conduit à passer, pour les systèmes à prépondérance informatique, d’une vision fonctionnelle où le système transforme des flux et se décompose en éléments fonctionnels (missions, fonctions de service, sous-fonctions) également transformateurs de flux, à une vision de type « client-service » où le système répond aux sollicitations des acteurs de l’environnement et se décompose ainsi en cas d’utilisation, réalisés par des collaborations d’objets (au sens du logiciel) se rendant mutuellement des services.
 
Ainsi a émergé un langage unifié UML (Unified Modelling Language) de représentation des systèmes d’information dans un contexte de préparation à la programmation par objets. La recherche d'un formalisme commun à la modélisation des systèmes présentant une certaine compatibilité avec celle des logiciels a conduit à un effort de standardisation par l'OMG (Object Management Group) d’un langage unifié de représentation des systèmes : SysML (System modelling Language), construit sur les concepts d’UML2. L’AFIS a participé à ce travail de modélisation, notamment à travers le GT MO (groupe de travail Méthodes, Outils), re-lecteur officiel du standard.
 
Les outils actuels sont intègrenent ces approches de modélisation systémique, souvent fondées sur SysML, avec des approches de modélisations analytiques adaptés aux différents domaines techniques: mécanique, mécanique des fluides, thermique, électronique, logiciel, ainsi qu'aux spécialités: fiabilité, sûreté de fonctionnement...
 
La multiplicité des modèles associée à la multiplicité des points de vue que l'on peut porter sur les systèmes complexes, notamment les systèmes sociotechniques, a conduit à définir des cadres d'architectures pouvant servir de grilles de modélisation
 
Face aux approches de l'ingénierie système initialement fondée sur des documents, puis fondée sur les processus, on débouche aujourd'hui sur une approche de l'ingénierie système dirigée par les modèles (ISDM). Le CT MBSE (comité technique model based systems engineering) est chargé de ce domaine.
 
Remarque : plus que pour les autres thèmes de cette rubrique "notre métier: l’IS", l’approche de la modélisation, restant par nécessité à un niveau très schématique, reflète la pensée de son auteur. Elle doit être progressivement amendée au fil des travaux des différents comités techniques, notamment le CT MBSE.
 
 
Modélisation